La marée humaine
entre deux mauvaises passes
étouffe la Terre plaine
entre ses bas de laine
entre deux bras de haine
elle saigne toutes les veines
pour gonfler ses nasses
Partout sur les places
avides les mains se tendent
pour échanger et prendre
perfides les langues se pendent
pour voler et vendre
dans la valse des chiffres
des portées de mains se griffent
serrées les unes après les autres
pour presser les dernières gouttes
Partout les mêmes joutes
chacun tire son épingle du jeu
pour crever un concurrent
ou pisser sur un continent
entre deux coups de feu
la nappe irise l’océan
et brûle dans les petits yeux
injectés de carburants
Partout tout se vend
les parts de marchés s’empiffrent
l’oseille se fait le beurre
du sain patron au sous-fifre
la sale graisse fige ton cœur
Partout règne un voleur
à coup de modes et promos
grands soldes des cerveaux
de babioles des-tockées
par véroles communiquées
Partout l’objet couronné
l’intelligence détrônée
le bizness fait son show
et le froid roi se fait la peau
pour emballer sa crotte immonde
Partout la ruine du monde
embaumée d’or et d’argent
profite à quelques présidents
et pue entre les océans
Partout du vent
Partout on se vend
Partout
le commerce n’a pas d’âmes
elles se sont toutes dévorées
restent des petites mains affairées
à attiser les mauvaises flammes.