Juillet 2003
Màj Juin 2004
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Je laisse ma part

Poème sur le refus de l’intégration sociale

Se lever
pour quoi faire ?
il a sonné
faites le taire !
résigné
je pose un pied par terre
j’endosse un déguisement
qui correspond au mauvais temps
j’appuie sur lecture
le son résonne sur les murs
le ciel est noir
la nuit est toujours là
je titube dans le couloir
pour voir que rien n’a changé
toujours ce masque
qui cache la vérité
j’augmente le volume
pour entendre l’écume
le ciel est bleu
le rouge se lève
ainsi que les gueux
qui prennent la relève
ainsi que le vacarme
et le bruit des armes
et le goût des larmes
mais je ne me recouche pas
pas le temps
le ciel est bleu
le jaune s’est levé
je cherche mon chemin
entre les blocs de béton
et les rampes de néon
après une marche forcenée
je parviens, hébété
là où je devrais aller
sans en être sûr
à l’asile bien sûr
où l’on apprend la folie
à des gens sains d’esprit
des lèvres s’ouvrent
des sons se décrochent
mais retombent
sans qu’ils m’accrochent
des yeux brillent
comme des billes
des rires parfois éclatent
en mille morceaux
indéchiffrables
le ciel est bleu
le jaune m’aveugle.

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Je laisse ma part

Quand certain matin
je suis trop agressé
je mets ma panoplie de mutin
aveugle-sourd-muet
pour éviter d’exploser
plus souvent qu’on ne le permet
car c’est dur de résister
à la tentation de penser
et de tout casser
pour ne pas être casé
comme un écran télé
qu’on laisse allumé
mais tu peux toujours gueuler
pauvre crétin
je ne te vois ni ne t’entends
pas plus que le vent
sous l’océan
d’ailleurs elle n’a rien vu la milice
ni les attitudes factices
ni les regards qui glissent
je ris de vos malheurs
car rien ne m’effleure
vous croyez chercher les fleurs
mais vous récoltez des pleurs
je suis de passage
dans les marécages
je jetterai les images
prises entre les étages
et bientôt j’enlèverai ma cagoule
pour traverser les murs
et je jetterai avec fougue
mon numéro de rôle
dans le trou des waters
vous aurez beau couler
sous votre imbécillité
vous pourrez toujours vous tuer
pour savoir qui va gagner
quand tout sera servi
par les robots qui sourient
je flotterai avec quelques amis
là où j’aurai commencé mon histoire
rien ne pourra nous avoir
car ils ne comprennent pas
qu’on vive une autre histoire
alors que tout est simple
pourquoi tout détruire ?
j’assiste à votre destruction
sans raison
en attendant je vois de la cage
des oiseaux qui me narguent
et glissent dans les nuages
si je veux garder le ciel bleu
il faudra faire un feu
pour évaporer les nuages de gueux.

Le ciel est bleu mais je lui en veux.

Poèmes

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Artiste.Auteur.Réalisateur
Courts métrages d'animation, dessin noir & blanc, dessin sur sable, BD, écrits...
David Myriam, Artiste, art-engage.net