La voisine

Nouvelle courte extraite du recueil "Souvenirs de la ferme"

Ce recueil de nouvelles se compose de 27 textes courts basés sur des souvenirs d’enfance à la ferme.

Aujourd’hui il pleut des cordes, je devais terminer la cabane du creux en bas du champ avec la voisine, mais on se retrouve tous les deux vautrés sur le lit d’une chambre en train de relire les mêmes BD. Elle a un an de plus que moi et depuis quelque temps j’ai des désirs d’ordre sexuel à son égard. Ces seins commencent à gonfler et j’ai déjà pu toucher les formes avantageuses de son derrière, par inadvertance bien sûr. Nos jeux ne me suffisent plus, alors aujourd’hui je n’y tiens plus, en revenant des toilettes, je laisse ma braguette ouverte, comme si j’avais oublié de la fermer. Une boule se forme dans ma gorge et mon ventre se tord de peur et de plaisir. Mon sexe dressé dépasse un peu de mon slip, mais je crois qu’elle n’a rien vu, trop absorbée par sa lecture.
Je m’allonge à nouveau à côté d’elle, et je la regarde. Elle est tournée de l’autre côté et ses fesses me tendent la main. Je me rapproche d’elle, mais je n’ose toujours pas la toucher. Soudain, elle se retourne avec sa BD, je fais semblant de lire la mienne. Mon cœur s’emballe, elle va forcément apercevoir mon sexe, elle ne peut pas garder toujours les yeux rivés sur ces cases stupides. Je ne dis rien, ma voix est bloquée de toute façon. Un moment passe, je suis toujours aussi excité, ma grand-mère est à la cuisine en train de mijoter je ne sais quel ragoût, mon oncle et ma tante sont au salon devant la télé, tout va bien, pas de panique.
Je bouge discrètement de manière à ce que mon pénis en érection sorte carrément du pantalon. J’ai peur de regarder la voisine, je me cache dans mon album de Tintin. J’entends juste le bruit de mon cœur et celui des pages qu’elle tourne périodiquement. Je me rapproche d’elle, elle m’a forcément vu, ce n’est pas possible. Elle ne dit rien, je vais me prendre une tarte. Elle bouge et se retourne à nouveau, je baisse mon paravent illustré et je vois ses fesses tendues encore plus près que tout à l’heure, proéminentes et provocantes, juste sous mon nez, pire tentation qu’un gâteau chocolat.
La gorge sèche, je ne réfléchis plus et je laisse tomber ma main sur elle, comme par accident. Elle reste immobile, même quand ma main se déplace sur son postérieur. Il me semble qu’elle ne tourne plus de pages. Je sens sa chair souple à travers le tissu de son survêtement usé. J’ai l’impression que je vais m’évanouir. C’est à ce moment que je perçois des bruits de pantoufles qui se traînent, ma grand-mère rapplique par ici au moment où j’allais plaquer mon sexe contre ses fesses.
Précipitamment, je remonte ma fermeture éclair, et je me coince un bout de peau dedans, ça fait mal. J’ai juste le temps de reprendre ma BD et de me tourner de l’autre côté en évitant de crier.
Nous n’avons pas parlé de cet épisode, nous avons continué nos jeux habituels comme si de rien n’était. Quelquefois, on s’est encore livré à ce genre d’exhibitions réciproques et furtives, et puis au printemps la voisine a déménagé, je ne l’ai plus jamais revue.

Le recueil de nouvelles "Souvenirs de la ferme"

> Thèmes :  Sexualité, relations
- 22 mai 2005 - Màj Août 2009
 
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David.Myriam : : Artiste : Exposition de créations engagées : nouvelles, poèmes, dessins noir et blanc, films d'animation, dessin sur sable, BD...
David MyriamAdresse auteure :: http://art-engage.net
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