si l’aube existe c’est d’abord une aube personnelle, il n’y a pas de chant possible sans la petite musique au fond de soi, tout au fond, au milieu du cri de peur, trouver sa note juste. Je ne sais pas chanter. Marcher seulement. Trouver son chemin. Je cherche parfois, et parfois je m’enroule dans ma routine et je m’endors. Après le noir la lumière ? Pas si sûr et pas si sûr d’ailleurs que le noir soit si noir que cela. Le plus dommage c’est de nous avoir fait croire que la vie était cela, cette absence de soi, cette solitude de l’autre. Je sens de plus en plus en cherchant le sens de ma vie, que si la vie humaine a un sens, et peut-être la vie en général, ce sens passe forcément par les autres, j’en viens à me demander si on n’est pas justement les autres (image de l’essaim) et je ne sais pas. Mais en posant cette question du sens, je découvre doucement une richesse, une exubérance, un mouvement, une mélodie, quelque chose tourne rond et bon dans le monde, au moins de la nature, mais pour moi, l’infime parcelle de ce tout illusoire, moi, comment me résoudre à ma petitesse et à mon éphémérité ? Dans l’union sans doute. L’amour qui nous augmenterait de l’autre en le rendant plus complet, en nous complétant aussi. L’amour de l’autre ou la conscience du monde ? Il y a le noir, mais qu’est-ce que c’est ? Une perception, une émotion, une illusion, une image ? Si nous pouvions laisser le noir en plan avec les autres couleurs, et le reste, il resterait quoi ? Soi peut-être, comme un début de nous. Oui, sans doutes, alors l’aube existera dans ton coeur, pour d’autres coeurs.
Je pense que les humains sont grégaires et devraient communier, fraterniser, mais pas au point de se fondre dans un essaim, il faut toujours garder et développer sa personnalité originale, importante et indispensable. La difficulté consiste à maintenir les deux termes (fraternité / autonomie et liberté personnelle), c’est pourquoi l’humanité, faute de sens et de projet qui permettraient cette utopie, s’abîme toujours dans des totalitarismes ou des violences interindividuelles, et se dirige peut-être vers une auto-destruction.
La personnalité originale comme partie unique de l’essaim, la note dans la partition, l’ascendant dans la lignée, cette composante individuelle est importante certes, sans elle la musique change. Pourtant une note unique si pure soit-elle ne fait pas une mélodie. Deux notes consécutives ne sont pas seulement la juxtaposition de deux notes. Un couple est plus que la somme de deux individus, la véritable union augmente chacun de l’autre dans une alchimie mystérieuse dont on ressort changé, plus grand, même après la séparation.
Il y a un livre très intéressant, très beau et émouvant ( pas toujours facile à lire, en tout cas pour ma part, mais...) "Je et tu". Martin Buber qui en est l’auteur à aussi écrit "Le Chemin de l’homme" (très beau livre également) et aussi "Utopie et Socialisme". Je ne crois pas qu’une société fraternelle soit forcément incompatible avec la réalisation de soi. Je comprend qu’on en soit si éloigné aujourd’hui qu’on considère cela comme une utopie. Mais de petites ou moyennes communautés à l’échelle de l’individu, sont possibles. Cela existe et a existé. Et c’est peut-être justement d’utopies que nous avons le plus besoin aujourd’hui. Il faut supposer l’utopie permise. La bâtir ardemment pour sortir de l’impasse, non ? D’ailleurs ton site est déjà une utopie.
D’accord avec tout ça, c’est intéressant. Je voulais juste dire que j’étais contre l’idée de dissolution des personnes dans un Tout à la manière Boudhiste. Mais sinon c’est vrai qu’une véritable société est plus que les parties qui la composent. Une société ne peut être fraternelle que dans le réalisation, la transformation et le dépassement de soi, ça implique des "sacrifices", des concessions, mais pas la dissolution individuelle, au contraire.
Messages
1. > L’aube existe, 27 mai 2005, 18:27, par yvon
si l’aube existe c’est d’abord une aube personnelle, il n’y a pas de chant possible sans la petite musique au fond de soi, tout au fond, au milieu du cri de peur, trouver sa note juste. Je ne sais pas chanter. Marcher seulement. Trouver son chemin. Je cherche parfois, et parfois je m’enroule dans ma routine et je m’endors. Après le noir la lumière ? Pas si sûr et pas si sûr d’ailleurs que le noir soit si noir que cela. Le plus dommage c’est de nous avoir fait croire que la vie était cela, cette absence de soi, cette solitude de l’autre. Je sens de plus en plus en cherchant le sens de ma vie, que si la vie humaine a un sens, et peut-être la vie en général, ce sens passe forcément par les autres, j’en viens à me demander si on n’est pas justement les autres (image de l’essaim) et je ne sais pas. Mais en posant cette question du sens, je découvre doucement une richesse, une exubérance, un mouvement, une mélodie, quelque chose tourne rond et bon dans le monde, au moins de la nature, mais pour moi, l’infime parcelle de ce tout illusoire, moi, comment me résoudre à ma petitesse et à mon éphémérité ? Dans l’union sans doute. L’amour qui nous augmenterait de l’autre en le rendant plus complet, en nous complétant aussi. L’amour de l’autre ou la conscience du monde ? Il y a le noir, mais qu’est-ce que c’est ? Une perception, une émotion, une illusion, une image ? Si nous pouvions laisser le noir en plan avec les autres couleurs, et le reste, il resterait quoi ? Soi peut-être, comme un début de nous. Oui, sans doutes, alors l’aube existera dans ton coeur, pour d’autres coeurs.
1. > L’aube existe, mais elle n’agira pas toute seule, 28 mai 2005, 15:46, par David Myriam
Merci pour ce beau et intéressant commentaire.
Je pense que les humains sont grégaires et devraient communier, fraterniser, mais pas au point de se fondre dans un essaim, il faut toujours garder et développer sa personnalité originale, importante et indispensable. La difficulté consiste à maintenir les deux termes (fraternité / autonomie et liberté personnelle), c’est pourquoi l’humanité, faute de sens et de projet qui permettraient cette utopie, s’abîme toujours dans des totalitarismes ou des violences interindividuelles, et se dirige peut-être vers une auto-destruction.
2. > L’aube existe, mais elle n’agira pas toute seule, 1er juin 2005, 15:25, par yvon
La personnalité originale comme partie unique de l’essaim, la note dans la partition, l’ascendant dans la lignée, cette composante individuelle est importante certes, sans elle la musique change. Pourtant une note unique si pure soit-elle ne fait pas une mélodie. Deux notes consécutives ne sont pas seulement la juxtaposition de deux notes. Un couple est plus que la somme de deux individus, la véritable union augmente chacun de l’autre dans une alchimie mystérieuse dont on ressort changé, plus grand, même après la séparation.
Il y a un livre très intéressant, très beau et émouvant ( pas toujours facile à lire, en tout cas pour ma part, mais...) "Je et tu". Martin Buber qui en est l’auteur à aussi écrit "Le Chemin de l’homme" (très beau livre également) et aussi "Utopie et Socialisme". Je ne crois pas qu’une société fraternelle soit forcément incompatible avec la réalisation de soi. Je comprend qu’on en soit si éloigné aujourd’hui qu’on considère cela comme une utopie. Mais de petites ou moyennes communautés à l’échelle de l’individu, sont possibles. Cela existe et a existé. Et c’est peut-être justement d’utopies que nous avons le plus besoin aujourd’hui. Il faut supposer l’utopie permise. La bâtir ardemment pour sortir de l’impasse, non ? D’ailleurs ton site est déjà une utopie.
3. > L’utopie existe, 2 juin 2005, 11:22, par David Myriam
D’accord avec tout ça, c’est intéressant. Je voulais juste dire que j’étais contre l’idée de dissolution des personnes dans un Tout à la manière Boudhiste. Mais sinon c’est vrai qu’une véritable société est plus que les parties qui la composent. Une société ne peut être fraternelle que dans le réalisation, la transformation et le dépassement de soi, ça implique des "sacrifices", des concessions, mais pas la dissolution individuelle, au contraire.